Vulvo-vaginites à répétition

(D’après l’étude Promyse, Professeur François-André ALLAERT, chaire d’évaluation médicale des allégations de santé, CHU de DIJON, publication La Lettre du Gynécologue n° 367, décembre 2011).

Les vulvo-vaginites mycosiques sont très fréquentes et on admet que 75% des femmes en présenteront une avant la ménopause. Parmi elles, celles dues à Candida albicans représentent 75 à 85% des cas et celles dues à Candida glabrata 10 à 15% des cas.

Cette très forte incidence s’explique par les nombreux facteurs susceptibles de favoriser leur survenue. Ils agissent essentiellement :

  • En modifiant l’écologie vaginale du fait d’une acidification du pH du vagin tel qu’au cours de la grossesse, lors de la prise de contraceptifs oestro-progestatifs ou du fait de toilettes intimes trop fréquentes ou avec des produits inadaptés ;
  • En diminuant les défenses de la femme, comme peuvent le faire les corticoïdes, les immunosuppresseurs, certaines chimiothérapies, mais aussi le diabète ou les états d’immunodépression acquis ;
  • Ou en suscitant des déséquilibres de l’écologie vaginale, du fait d’antibiothérapies qui favorisent la prolifération des levures.

Par ailleurs, la fréquence des vulvo-vaginites récidivantes, définies par 4 épisodes ou plus sur une période 12 mois, semble être actuellement en augmentation, et elles atteindraient, selon les études, de 10 à 20% des femmes ayant présenté un épisode de vulvo-vaginite.

Une attention particulière doit être portée aux facteurs favorisant les récidives des mycoses vulvo-vaginales, car les formes récidivantes altèrent considérablement la qualité de vie des femmes et constituent un motif de profonde insatisfaction à l’égard de la prise en charge dont elles ont bénéficié. Leur survenue peut résulter d’un déséquilibre de l’écologie vaginale induit par des mécanismes généraux tels que des antibiothérapies répétées, des modifications hormonales liées à la grossesse ou à la pré-ménopause, l’existence d’un diabète ou la prise de médicaments immunodépresseurs tels que les corticoïdes. Ces déséquilibres peuvent également avoir une origine locale plus accessible à la prévention, car résultant notamment de mauvaises habitudes d’hygiène intime de la patiente. Certains savons, les bains moussants, les douches vaginales, les tampons périodiques, le port systématique de protège-slips ou certaines habitudes vestimentaires telles que le port de collants, de vêtements ajustés, de jeans serrés sont également mis en cause.

Afin de contribuer à une meilleure prévention des récidives, l’étude Promyse décrit le profil épidémiologique et clinique des vulvo-vaginites mycosiques et identifie de nouveaux facteurs associés aux formes récidivantes.

Il apparait que celles-ci sont significativement plus fréquentes chez les femmes ayant une lubrification insuffisante lors des rapports sexuels, n’ayant pas eu de grossesse, celles en période pré-ménopausique ainsi que celles prenant des corticoïdes. Le facteur le plus accessible à la prévention des récidives est la lubrification des rapports sexuels aidée par des gels ainsi que des produits d’hygiène intime au PH alcalin en cas de mycose.