Saignements en début de grossesse

SAIGNEMENTS EN DEBUT DE GROSSESSE

 

Il s’agit d’une éventualité fréquente survenant dans environ  10 fois sur cent.

Une consultation médicale est indiquée pour en connaître l’origine. Ils peuvent être le signe d’un arrêt de la grossesse (fausse couche), de métrorragies (saignements provenant de l’utérus) sur grossesse intra-utérine évolutive, d’une grossesse extra-utérine, d’une grossesse molaire.

Une prévention de l’immunisation rhésus est indispensable en cas de groupe sanguin maternel rhésus négatif.

Fausse couche précoce

Leur fréquence varie selon que l’on inclut ou non les arrêts très précoces survenant avant même un retard de règles. On retient habituellement le chiffre de 30% des grossesses. Cette fréquence élevée doit rassurer quant aux chances de grossesse normale pour les grossesses suivantes et un bilan n’est conseillé qu’après la survenue de 3 accidents successifs de ce type. Les facteurs de risque identifiés sont les translocations chromosomiques parentales, les malformations utérines et certaines pathologies maternelles (syndrome des anti phospholipides, thrombophilie qui sont des facteurs de coagulation anormaux et peuvent perturber les échanges de l’œuf avec les vaisseaux utérins, le diabète mal équilibré, des maladies auto-immunes (anticorps anormaux) comme le lupus…

L’échographie va diagnostiquer un arrêt de la grossesse ou une menace de fausse couche avec un décollement ovulaire plus ou moins important, une fréquence cardiaque abaissée, une quantité de « liquide » faible, une discordance entre la taille embryonnaire et l’âge certain de la grossesse.

En cas d’arrêt de la grossesse 3 attitudes peuvent être envisagées. L’expectative, c'est-à-dire l’attente d’une expulsion spontanée qui peut être envisagée en cas de petites dimensions ovulaires mais pouvant  survenir  que tardivement et de toute façon inconstamment  (2 fois sur 3). Cette attente est souvent mal vécue. Les prostaglandines sont efficaces dans 80% des cas, c’est pour cette raison que certaines femmes préfèrent recourir  à l’aspiration de l’œuf qui a l’avantage de son efficacité immédiate mais comporte une anesthésie générale et  un faible risque de perforation utérine le plus souvent bénigne.

Grossesse extra-utérine

Le sac ovulaire est situé à l’extérieur de l’utérus, le plus souvent dans une trompe, beaucoup plus rarement sur l’ovaire, voire  dans la cavité abdominale.

Elle représente environ 2% des grossesses. Les saignements associés à des douleurs dans « le bas du  ventre » et éventuellement une tendance syncopale sont les signes classiques. Le risque est celui d’une hémorragie interne.

La prise en charge peut être une abstention thérapeutique, un traitement médical (méthotrexate) ou la chirurgie en fonction des symptômes cliniques, échographiques et du taux d’HCG plasmatique.

La grossesse molaire

C’est un développement anarchique du futur tissu placentaire, le trophoblaste. Son risque est la pénétration du trophoblaste dans la paroi de l’utérus, avec un risque d’essaimage au niveau du poumon et du foie.

Les taux sanguins d’HCG sont généralement élevés, l’échographie évocatrice et le diagnostic est établi par l’analyse du produit d’aspiration ovulaire. Une surveillance est ensuite nécessaire idéalement en collaboration avec le Centre de Référence des Maladies Trophoblastiques de Lyon.