Dysplasie du col

 

 

Dysplasies du col

 

Elles sont dépistées par le frottis cervico-utérin recommandé chez la femme entre 25 et 60 ans, tous les 3 ans après deux cytologies normales à 1 an d’intervalle. C’est un examen indolore.

Les dysplasies du col sont des lésions précancéreuses, c'est-à-dire qu’elles ne sont pas un cancer mais qu’en l’absence d’une prise en charge appropriée elles risquent de le devenir pour un certain nombre d’entre elles.

Ces dysplasies ou lésions intra-épithéliales sont différenciées en bas grade (LSIL) et haut grade (HSIL).selon la hauteur de l’épithélium altéré. la membrane basale est toujours respectée, ce qui les distingue d’un cancer.

Le frottis permet de les suspecter, un prélèvement (biopsie) dirigé par colposcopie, examen indolore au microscope, permet de les confirmer et d’en préciser la sévérité.

Le mode d’entrée dans les frottis anormaux peut être le mode ASCUS, c’est-à-dire un frottis comportant des atypies de signification indéterminée. La conduite recommandée consiste alors à compléter le dépistage par une recherche de virus HPV qui est associé aux dysplasies dans plus de 99% des cas.

 

Evolution

Une dysplasie de bas grade régresse spontanément sans traitement dans près de 80 %  des cas, dans un délai de 1 à 2 ans. Dans 5 à 16 % des cas, elle évolue vers la persistance.

Plus rarement (4 à 7 % des cas), une dysplasie de bas grade évolue vers une dysplasie de haut grade ou vers un cancer invasif (0,1 à 0,2 % des cas). 

Les dysplasies de haut grade évoluent dans environ 60 % des cas vers un cancer du col de l’utérus en l’absence de traitement, et cela dans un délai moyen de 10 ans. 

 

Prise en charge des dysplasies 

 

L’examen du partenaire

Il est la plupart du temps inutile. Les lésions chez l’homme sont beaucoup plus rares. Elles se manifestent par des excroissances sur le gland, le prépuce ou sur la verge.

En cas de lésions visibles, ou si simplement le couple le souhaite, un examen par un dermatologue est proposé.

L’utilisation du préservatif n’est pas particulièrement recommandée en cas de dysplasie. Effectivement le partenaire masculin peut être déjà porteur du virus et le préservatif n’est pas un garant de l’absence de transmission du virus par une contamination autre que sexuelle. Leur utilisation ne diminue pas le taux le taux de récidive des dysplasies.  Mais elle est bien sûr recommandée dans le cadre de la prévention des maladies sexuellement transmissibles lorsque le couple n’est pas stable

 

Le traitement 

 

Dysplasie de bas grade. Celle-ci est identifiée obligatoirement par une biopsie et non par un simple frottis qui peut ignorer dans 15 à 30% des cas un haut grade. La colposcopie aura permis de confirmer que l’ensemble de la lésion est bien visible. Une simple surveillance par frottis ou recherche de virus oncogène est proposée. En cas de persistance une vaporisation LASER sera indiquée.

Dysplasie de haut grade. Un traitement est toujours nécessaire. Il s’agit soit d’une résection localisée soit d’une conisation, en fonction de plusieurs paramètres, dont l’étendue de la lésion, son extension dans le col et l’âge de la patiente.

La surveillance  

Elle est indispensable après une dysplasie et repose au minimum sur des frottis annuels. Il existe 10 % de récidives au bout de 10 ans. Une récidive peut évoluer vers le cancer du col utérin.

 

Document rédigé le 21/05/17, d’après « Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale, Thésaurus, collection recommandations et référentiels, INCa, décembre 2016